Lot 12
800 - 1 000 €

SUE (Eugène)


Manuscrit autographe signé daté du 14.8.1854 de 8 pages in-4. Manuscrit complet sur papier réglé, paginé, sur double colonne, très travaillé, ratures et additions. Exilé de France, Eugène Sue assista par hasard en compagnie de deux amis exilés comme lui au tir cantonal de Nyon en 1854. Le «Genevois» a reproduit le texte que le romancier consacra à cette fête dans l' «Album de la Suisse».
Eugène Sue intitula son article. «Fête du tir cantonal de Nyon», juillet 1854: «La fête du tir cantonal de Nyon restera l'un des meilleurs souvenirs de mon excursion en Suisse, j'assistai à cette solennité, en compagnie de deux amis biens chers, l'un dont le nom compte parmi les plus illustres de la science et de notre glorieuse révolution de 1848 (l'Album genevois publie le nom de Jean
Raynaud); l'autre proscrit comme moi et poète de renom. Vieux soldat de la démocratie militante et lui a donné tout ce que peut donner à sa cause l'écrivain patriote, l'homme de grand coeur et d'inflexible conviction. Les lecteurs de l'album genevois (souligné) me pardonnent les détails, les impressions que je raconte sont communes à mes amis et à moi.» Après avoir traversé Genève «animée, brillante comme les plus brillants quartiers de Paris...», décrit les monuments de la ville. Les trois amis arrivent à Nyon «Ville charmante et pittoresque, étagée en amphithéâtre sur la rive du Léman. Une foule innombrable de citoyens, de femmes, d'enfants venus de tous les points du canton, encombraient les abords d'une vaste esplanade gazonnée, bordée d'arbres séculaires, d'où l'on découvre à perte de vue l'imposante chaîne des Alpes... Trois mille personnes environ s'assirent au banquet de Nyon. Une gaîté franche, cordiale, décente, peu bruyante, animait les convives, car la présence des femmes et des enfants impose toujours la convenance, la mesure, la moralité aux réunions populaires... Presque toutes les fêtes se terminent en Suisse par des discours relatifs aux questions politiques actuelles; ainsi tous les citoyens s'occupent incessamment de la chose publique; ainsi commence chez eux, dès leur jeune âge, leur éducation civique... Il m'est impossible de peindre l'émotion que trahissent malgré nous nos regards humides, lorsque sur la terre d'exil, nous entendions ces mots si chers à nos souvenirs, à notre coeur, à notre foi: République, Liberté, Patrie... Cependant mes amis et moi surmontons notre tristesse amère, pleins d'une ferme foi dans le triomphe du bien sur le mal, du droit sur la force, de l'opprimé sur l'oppresseur, pleine confiance dans la loi irrésistible du progrès de l'humanité... Ainsi un jour de son souffle puissant la vérité balaiera les impures vapeurs qui obscurcissent ton divin rayonnement. Ô Sainte liberté!».
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